Croquez une plume !

Après le croquis des objets naturels et des plantes à fleurs, Isapi nous propose ce troisième exercice consacré aux plumes !

par Isabelle Pierdomenico, écopédagogue au Centre Marie-Victorin (CNB)

Dessiner une plume en monochromie est un excellent exercice pour apprendre à maîtriser les nuances de ses crayons. 

Matériel

  • Un fond sombre pour y déposer la plume
  • Un pied à coulisse ou une latte graduée
  • Un crayon HB
  • Un crayon 2B (tendre) pour les ombres et les zones plus foncées
  • Un crayon H (sec) pour les lignes de construction
  • Un taille-crayon (il faudra souvent tailler le crayon !)
  • Une feuille de papier blanc non grainé

Étapes du dessin

  1. Placer la plume sur le papier et l’aplatir doucement pour tracer légèrement des repères au crayon H, de la pointe du calamus au sommet de la plume et éventuellement, tout le contour.
  2. Tracer le rachis au crayon HB, en épaississant le trait côté ombre pour donner un peu de volume.
  3. Tracer très légèrement le contour des différentes zones de couleur au crayon H.
  4. Poser le crayon HB contre le rachis et tracer chaque barbe vers la ligne de contour en relevant la pointe du crayon à la limite de la plume. C’est la densification des traits qui rendra compte de la structure de la plume. Tailler le crayon très souvent. Recourir au crayon 2B pour les zones plus foncées. 

Le procédé est le même avec crayon de couleur, feutre, stylo-bille.

Si vous souhaitez aquareller, procédez de même mais à l’étape 4, faites d’abord des aplats colorés et par-dessus, tracez les barbes avec une plume métallique encrée (encre aquarelle).

Se poser des questions

1. Pourquoi trouve-t-on des plumes ?

L’été et l’automne sont les meilleures périodes pour la récolte des plumes, car la plupart des oiseaux adultes muent au moment où abonde la nourriture. Le renouvellement du plumage est essentiel pour survivre à l’approche des intempéries hivernales ou pour entamer une migration, afin de remplacer les plumes abîmées après la nidification (usure abrasive), renouveler l’étanchéité des tectrices, densifier le duvet.

Mais en toutes saisons, les oiseaux perdent quelques plumes dans la végétation ou lors d’une altercation. 

Il arrive que l’oiseau les perde en nombre, lorsqu’il se fait tuer ! Le prédateur mammifère ou rapace laisse quelquefois, bien visible sur le sol, un tas de plumes. Ce relief de repas nommé « plumée » est un indice passionnant à étudier, un vrai travail de détective ! Examinez le calamus : est-il mordu à la base (par un mammifère) ou écrasé, voire troué (par un rapace) ?

2. À quelle partie du corps de l’oiseau correspond cette plume ? 

Selon son point d’insertion sur le corps de l’oiseau, chaque plume a dimensions, formes, structure différentes qui correspondent à sa fonction. 

Les rémiges et rectrices sont les plus fréquemment trouvées : elles résistent longtemps aux attaques des insectes et des micro-organismes décomposeurs, mais elles peuvent perdre leurs couleurs les plus vives, la forme devenant alors le meilleur critère d’identification. Avec l’aide de R. Brown et al. Guide des traces et indices d’oiseaux, 2010, Delachaux et Niestlé, vous pourrez déterminer votre plume et vous constituer un plumier (voir ci-dessous). 

Prolongement du croquis : le plumier

Ce plumier n’est pas l’étui où ranger les crayons, mais un porte-plumes d’oiseaux. 

J’ai récupéré des signataires reliés en soufflet et dont les pages sont en carton épais et rigide. Je consacre une double page par espèce. J’y classe les plumes identifiées par ordre de position sur l’aile et la queue. Avec une étroite bande de papier gommé, je fixe le calamus de chaque sur la page. 

Pour les plumes qui me restent indéterminées, je note le lieu, la date et les conditions météorologiques. 

Je conserve le tout dans un lieu frais et aéré et j’utilise mes plumiers à des fins didactiques.