FrichNat – Les 1ers résultats des inventaires dévoilés

Suite à la conférence de Presse donnée par les équipes et les volontaires du projet FrichNat de ULiège et des CNB à la Presse et aux médias ce lundi 29 avril 2024 à la friche de Monceau Fontaine à Charleroi, voici les premiers résultats des inventaires !

La participation au projet

Pendant deux ans, nos volontaires naturalistes ont exploré les friches du côté de Mons, Charleroi et Liège. Ils ont collecté des données et sont devenus de véritables ambassadeurs de ce projet de sciences participatives. Rien de tout cela n’aurait été possible sans leur implication. Bravo et Merci à eux !

À ce jour, 43 volontaires ont encodé leurs observations ; la majorité étant accompagnée d’une ou 2 personnes, ce qui correspond à environ 80 personnes qui sont allées sur le terrain pour faire les observations, soit seul soit en binôme/trinôme.

Les friches explorées

Les espèces observées

Les friches abritent au moins 2300 espèces animales et 1000 espèces végétales ! Cette richesse en espèces se traduit également par la présence d’une biodiversité remarquable. En effet, plus de la moitié des friches floristiquement inventoriées abritent au moins une espèce protégée mentionnée dans la Loi sur la Conservation de la Nature de 1973. Pour la faune, ce chiffre monte à plus de 85%, un même site pouvant abriter plus de 90 espèces protégées.

Parmi cette biodiversité remarquable, on retrouve des espèces animales typiques des habitats pionniers, telles que le Crapaud calamite (26%) et l’Alyte accoucheur (11%). Côté flore, ce sont des orchidées remarquables qui sont observées : l’Epipactis à larges feuilles (Epipactis helleborine, 29%), l’Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis, 8%) ou encore l’Ophrys abeille (Ophrys apifera, 3%). Ces milieux constituent donc des terres d’accueil pour toute la biodiversité

L’importance de préserver nos friches

Le projet souligne l’importance ainsi que l’urgence de s’attarder sur ces espaces. Longtemps délaissées, il est clair que les friches jouent un rôle important non seulement dans la conservation de la biodiversité des zones urbaines et péri-urbaines, ainsi que dans la connectivité avec d’autres milieux, mais également dans l’accès à la nature pour les habitants des villes.

En effet, ces sites se trouvent dans des zones de déficit en espaces verts pour les citoyens, et constituent une réelle opportunité d’accès à la nature. En même temps, ils font l’objet d’une pression urbanistique : 55% des sites se trouvent actuellement en zone urbanisable au plan de secteur.

Enfin, elles offrent des solutions face aux événements climatiques extrêmes dont l’intensité et la fréquence augmentent : ilots de fraicheur lors des canicules et éponges absorbant les eaux pluviales lors de fortes intempéries.

Les décisions futures concernant le redéploiement économique et l’urbanisation des centralités doivent intégrer une meilleure appréciation des enjeux liés à la biodiversité, grâce à une vision plus globale de notre patrimoine naturel. Cela nous permettra de construire la ville de demain de manière plus harmonieuse, en respectant à la fois la nature et nos sociétés humaines.